18.12.2012

Un pêcheur de tenilles représenté en fresque sur un transformateur ERDF à St Pierre la Mer, avenue de Brossolette

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Les postes de transformation électrique comme tous les mobiliers urbains, sont souvent l'objet de multiples dommages,  tags ou affichage sauvage.

ERDF accompagne les collectivités locales dans leurs projets d’amélioration de l’environnement, de lutte contre l’exclusion et la précarité, en favorisant le lien social par l’insertion et l’emploi. Dans ce cadre, une fresque a été réalisé sur le poste électrique situé avenue Pierre Brossolette à St Pierre la Mer en collaboration avec le Grand Narbonne et la société IDEAL.

téléchargement.jpgCette fresque évoque un thème cher au cœur des anciens du village : « lo tenilhaire », entendez pour les non initiés, « le pêcheur de tenilles », petit coquillage enfoui dans le sable de la mer. Guy Sié a rappelé qu' il n'y a pas si longtemps, en 1960, on entendait encore dans les rues du village :« A las tenilhas…Qual ne vòl ? Cent francs lo bòl ! » (Des tenilles ! Qui en veut ? Cent francs pour un bol ! ).

Un travail pénible pour les reins du pêcheur que de tirer le teniller dans les vagues glacées du mois de mars jusqu’à mi-cuisse. 

Lundi 10 décembre a eu lieu l’inauguration  la fresque en présence d' Isabelle Herpe, Vice-Présidente de la Communauté d’Agglomération,  de Guy Sié,  Maire de Fleury d’Aude,  de Pierre Sourgnes Président de l’Association IDEAL, de Joel Grandperrin, délégué territorial ERDF, d’élus et d’agents territoriaux de la commune, le personnel et les membres de IDEAL qui ont réalisé cette œuvre d’art.

C’est la touche finale aux travaux d’amélioration esthétique des réseaux électriques dans l’avenue Pierre Brossolette entamés depuis plusieurs années entre la mairie et ERDF.

Une plaquette explicative avec des croquis sera fixée prochainement, en attendant Guy Sié occitan et Pérignanais avant tout partage sa culture de l'histoire du village :

"lo tenilhaire ou pêcheur de tellines, un personnage typique de notre patrimoine méditerranéen.

 

 

Les tellines, appelées « tenilles » dans le Narbonnais par inversion des syllabes, sont de petits coquillages bivalves nacrés, de 2 ou 3 cm de long, qui s’enfouissent à 3 ou 4 cm sous le sable de la mer, tout près du rivage.

 

Leur pêche a, pendant très longtemps, constitué un revenu d’appoint aux pêcheurs de nos villages du bord de mer.

 

 

Elle se pratiquait presque toute l’année à l’aide du  « teniller », engin de fabrication artisanale, constitué d’une lame de fer pour labourer le fond de la mer et d’un grillage semi circulaire aux mailles assez fines pour laisser passer le sable tout en retenant les tellines qui finissaient par s’accumuler dans un petit filet, « la margue », constituant la queue de l’outil. 3 manches en bois reliés entre eux sortaient de l’eau et permettaient de conduire le teniller.

 

Une « brassière » en sac de jute reliée par deux cordes au bas du teniller complétait l’appareillage. Cette brassière autour des reins, « lo tenilhaire » ratissait et tamisait le sable en reculant, en essayant d’éviter les vagues glacées au mois de mars… et les piqûres de vives aux pieds en juin.

 

Une fois triées et lavées, les tenilles étaient mises dans un seau et vendues dès l’après midi dans les rues des villages, non pas au kilo, ni au litre, mais au bol !


Pour annoncer son passage et faire sortir d’éventuels clients sur le seuil de leur porte, le tenilleur criait en téléchargement (1).jpgoccitan :

 

« A las tenilhas…

Qual ne vòl ?

Cent francs lo bòl ! »

Traduction : « Des tenilles ! Qui en veut ? Cent francs pour un bol ! »

Il s’agissait bien sûr des anciens francs d’avant 1960. 



Ces coquillages exquis à la poêle avec une persillade ou en sauce Béchamel, étaient très prisés des anciens de chez nous et le produit de la pêche était vite vendu. 

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